Depuis des dizaines d’années, des structures de toutes sortes (clubs sportifs, sociétés nautiques, collectivités, associations de protection de l'environnement, etc.) organisent des ramassages des déchets abandonnés pour épargner les écosystèmes et restaurer les milieux.
Isabelle Poitou, pendant sa thèse sur les macrodéchets en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, constate le manque de politiques concertées sur la question des déchets abandonnés ou qui aboutissent en milieux aquatiques, elle fonde alors l’association MerTerre consacrée à la réduction de cette pollution majeure.
MerTerre initie la création du premier Observatoire des déchets en Milieux Aquatiques (ODEMA). Il constitue les prémices du projet de plateforme collaborative. Et élabore des protocoles simplifiés pour les ramassages des déchets sauvages diffus. Il s’agit d’apporter des connaissances sur les quantités, qualités et origines des déchets afin de définir des programmes de réduction adaptés à leurs caractéristiques.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin, l’État initie la constitution de groupes de travail réunissant les acteurs engagés (associations, scientifiques, services de l’État, établissements publics, etc.), afin de favoriser une approche concertée.
MerTerre intègre les groupes de travail (Grenelle de l'environnement, Grenelle de la mer, Atelier Déchets Marins, groupe descripteur 10 pour la DCSMM) permettant de faire avancer les plans d'actions et la législation sur les déchets sauvages, mais aussi de structurer progressivement la vision d’un outil collaboratif qui centraliserait les données afin d’aider les décideurs publics.
En 2016, MerTerre travaille à l’adaptation française du programme de sciences participatives Adopt’ a Beach développé aux États-Unis et en Europe du Nord et initie le programme Adopt1 Spot. Cette même année, les premières rencontres des collecteurs de déchets sauvages sont organisées par Denis Blot, Université Picardie et Nature Libre avec l’idée de fédérer les initiatives. L’année suivante, les 2èmes rencontres des collecteurs de déchets sauvages sont organisées à Marseille par MerTerre et permettent de recueillir les besoins d’une grande diversité d’acteurs et de préciser l’idée d’un outil au service de cette communauté.
Pour répondre aux besoins exprimés par les acteurs du réseau, MerTerre conçoit, en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et avec le soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et du Ministère de la Transition écologique, un site pilote pour la France en Région Sud : ReMed Zéro Plastique. Cette plateforme est un outil collaboratif pour la structuration du réseau d’acteurs engagés dans la réduction des déchets sauvages qui peuvent aboutir en Méditerranée. En mars 2019, ReMed Zéro Plastique et son programme de sciences participatives Adopt’1 Spot sont mis en ligne.
Lancement de la plateforme nationale Zéro Déchet Sauvage, fruit de l’expérience acquise avec la plateforme ReMed Zéro Plastique. Elle est le résultat enrichi du travail accompli par le Comité de Pilotage (MerTerre, Mosaic - unité de service du Muséum national d’Histoire naturelle, Ministère de la Transition écologique, Région Provence-Alpes-Côte d’Azur), les structures copilotes et le Comité Scientifique constitué de professionnels spécialisés sur le sujet.
Grâce à un travail collaboratif avec les structures copilotes et l’accompagnement attentif de MerTerre, la plateforme Zéro Déchet Sauvage est déployée dans plusieurs territoires locaux. Elle continue d’évoluer pour s’adapter aux besoins des acteurs engagés sur le terrain partout en France. Des projets émergent ainsi dans de nombreuses régions : en Bretagne, en Occitanie, en Région Sud ou encore en Auvergne-Rhône-Alpes, où des diagnostics, utilisant les données collectées par le réseau ZDS, sont élaborés, en collaboration avec les collectivités, les services de l’État et les gestionnaires d’espaces naturels.
ReMed Zéro Plastique devient ReMed, le réseau méditerranéen de Zéro Déchet Sauvage et s’élargit à l’ensemble des régions de la façade Méditerranée : Région Sud, Occitanie et Corse. Avec plus de 700 structures engagées, Zéro Déchet Sauvage continue de se déployer sur tout le territoire français, notamment dans les Outre-Mer. De plus en plus de collectivités et de gestionnaires rejoignent la plateforme pour partager leurs données mais aussi mieux comprendre la problématique des macrodéchets sur leur territoire. La plateforme s’ouvre également aux entreprises, qui ont également tout leur rôle à jouer dans la réduction des déchets abandonnés.